On ne va tout de même pas en faire tout un plat, ni même toute une tartine, mais c'est quand même chouette UN GRAND RACCOURCI. Un film pour nous rappeler que faire fonctionner une bonne comédie, bien loin de tenir du miracle, cela repose sur quelques trucs travaillés bien comme il faut, des situations bien écrites et des comédiens qui donnent le la.
D'un côté nous avons Grégoire et Corentin, deux cousins qui s'adorent même s'ils ne sont pas toujours au diapason. Le premier va devoir plier les gaules car le resto de son père, où il bosse, va fermer faute de clients tandis que Corentin, start-upeur pas toujours au point, ouvre sa boite de dératisation en lâchant au préalable ces sympathiques rongeurs dans les exploitations agricoles.
De l'autre, la très fonceuse Maeva arrive à convaincre sa pote Louise de concourir au titre de Miss Côte d'Armor, même s'il lui manque 2 bons centimètres.
Nous sommes en Bretagne donc, et le film a déjà ce mérite de nous tailler un territoire de poche dans lequel on se sent tout de suite chez soi. Il ne se passe pas grand chose de plus et on serait bien en peine de comprendre pourquoi UN GRAND RACCOURCI nous a eu. Parce que cela rigolait beaucoup dans la salle.
Grâce sans doute à ces petits riens qui nous montrent combien ces quatre jeunes gens, pas toujours très adaptés à la situation, sont touchant, patauds et candides à vouloir se prouver qu'ils sont grands, - alors que pas vraiment -. Dans un des seuls rôle d'adulte d'ailleurs, Dominique Rabourdin campe un patron de resto au bout du rouleau aux réactions parfois assez juvéniles, et qui rêverait bien d'un retour en arrière. En gros, arrêter de bosser comme un con pour des prunes, et se la couler douce comme avant.
Les envies d'y "arriver" de ces quatre jeunes gens n'en sont pas vraiment. Le rêve de Corentin, derrière ses airs de winner adolescent, ce serait plutôt de ne jamais quitter son cousin et de continuer à rigoler. Et Louise n'a pas plus envie de devenir Miss que d'aller planter des artichauts. Le clou comique du film, c'est elle, interprétée par la merveilleuse Sara Montpetit (déjà remarquée en vampirette qui ne voulait pas saigner les gens dans le très drôle VAMPIRE HUMANISTE...), dont les mines et les déhanchés pas très au point provoquent de bons fous rires.
Les dialogues sont aussi aux petits oignons, pas si "écrits" que ça mais portés par des acteurs à qui on a laissé beaucoup de libertés. Ils sont tous très bien, au naturel. Le tandem Foex-Devilliers a tourné leur premier film avec un budget tout riquiqui et, fait assez inédit pour être relevé, c'est une photo de liesse de fin tournage qui ponctue le film. Toute une bande de jeunes en short qui braillent comme à la fin des colonies de vacances.
Et le film a l'air de bien marcher. Les petits miracles existent donc toujours. Super, on va continuer d'y croire !
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