Soit une psy un peu vénère (Jodie Foster, dont la rudesse de traits laisse mieux voir la petite nana en fer qu'elle avait toujours été à l'intérieur) pas très sympathique et limite burn-out qui se convainc toute seule comme une grande qu'une de ses patientes a été assassinée. Un de ses clients l'emm..., elle renoue avec un ex-mari toujours un peu amoureux d'elle bref, très vite on se fiche complètement de ce qui à l'écran arrive, même si la partition très américaine, regard noir et mâchoire serrée de l'actrice, est un genre de régal en contrepoint des compositions de la team frenchie, beaucoup plus décontrastée: Auteuil est très drôle et Amalric en veuf halluciné un brin énervé, nous montre une nouvelle fois ses fesses, décidément une manie chez lui.
Bref, bien content je suis de ne pas avoir eu à payer mon ticket de cinéma pour cette comédie tout juste drôle, et un peu trop attelée à une culture judaïque dont la pertinence m'a ici quelque peu échappé.
Pas grave.
Toujours avec Paul Newman, ici en joli coeur arriviste jusqu'au trognon qui fait le gigolo auprès d'une star de cinéma (Geraldine Page) pour décrocher un contrat, et se retrouve dans sa ville natale où il va retrouver celle qu'il aime toujours, et qui n'est autre que la fille du vieux monarque local, véreux comme il se doit, et qui rêve de le châtrer de ses propres mains. Comme on peut le constater, c'est lourd comme un âne mort.
C'est que l'équation Tennessee Williams + Actor's Studio n'engendre jamais une quelconque légèreté. Aussi celui qui s'en tire le mieux, dans ce psychodrame à la sauce sudiste, c'est cette bonne vieille trogne d'Ed Begley, redoutable en vieille ordure affable et souriante.
Vendu comme un ersatz de Norman Bates, le personnage de Terry est beaucoup plus attachant et beaucoup moins machiavélique. Petit gamin toujours perturbé (par sa maman envahissante, par un viol auquel il a peut être participé, qui n'en était peut-être pas un) auquel Savage prête avec une certaine grâce ses maigres épaules et son drôle de visage d'enfant effrayé, Terry va se comporter comme un très vilain garçon.
Drôle de film et sacrée ambiance, sur lequel plane un constant sentiment d'inceste, et qui se garde bien de donner des pistes psy très solide au comportement de son héros. Il est perturbé, c'est tout. La présence des femmes qui l'attirent, ça le... voilà.
A noter que Curtis Harrington reste un cinéaste intéressant, dont le critique Frédéric Thibault parle très bien dans les suppléments du dvd Artus sur lequel je suis tombé par hasard. Harrington a eu une carrière des plus chaotiques, et des plus malchanceuses, mais il est un peu devenu culte. C'est lui qui avait employé le jeune Dennis Hopper pour la première fois dans le surprenant NIGHT TIDE (MAREE NOCTURNE) en 1961.
L'histoire d'un marin en permission qui tombait amoureux d'une sirène dans un manège de fête foraine.
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