vendredi 14 août 2026

Notices en vrac (I) VIE PRIVEE, DOUX OISEAU DE JEUNESSE & THE KILLING KIND.

 

VIE PRIVEE de Rebecca Zlotowski a fait parler de lui à sa sortie grâce à son casting de tous les diables: la Jodie, Auteuil, Efira, Amalric, Lacoste et même Irène Jacob et Aurore Clément en special-guests sympathiques. Mais l'accueil a été tiède. Et pour cause, même si l'on comprend vite que l'affaire ne va pas être très sérieuse fort longtemps, les film s'emmêle les quilles tout seul comme un grand dans un scénario aux ramifications trop compliquées pour lui.

Soit une psy un peu vénère (Jodie Foster, dont la rudesse de traits laisse mieux voir la petite nana en fer qu'elle avait toujours été à l'intérieur) pas très sympathique et limite burn-out qui se convainc toute seule comme une grande qu'une de ses patientes a été assassinée. Un de ses clients l'emm..., elle renoue avec un ex-mari toujours un peu amoureux d'elle bref, très vite on se fiche complètement de ce qui à l'écran arrive, même si la partition très américaine, regard noir et mâchoire serrée de l'actrice, est un genre de régal en contrepoint des compositions de la team frenchie, beaucoup plus décontrastée: Auteuil est très drôle et Amalric en veuf halluciné un brin énervé, nous montre une nouvelle fois ses fesses, décidément une manie chez lui.

Bref, bien content je suis de ne pas avoir eu à payer mon ticket de cinéma pour cette comédie tout juste drôle, et un peu trop attelée à une culture judaïque dont la pertinence m'a ici quelque peu échappé. 

Pas grave.


Quatre ans après son adaptation de LA CHATTE SUR UN TOIT BRULANT, Richard Brooks retournait à un autre Tennessee Williams, DOUX OISEAU DE JEUNESSE, pas des plus légers non plus et même un poil plus chargé, autant que cela soit possible.

Toujours avec Paul Newman, ici en joli coeur arriviste jusqu'au trognon qui fait le gigolo auprès d'une star de cinéma (Geraldine Page) pour décrocher un contrat, et se retrouve dans sa ville natale où il va retrouver celle qu'il aime toujours, et qui n'est autre que la fille du vieux monarque local, véreux comme il se doit, et qui rêve de le châtrer de ses propres mains. Comme on peut le constater, c'est lourd comme un âne mort.


Si le théâtre de Williams m'a toujours agacé, comme tout le théâtre américain d'ailleurs, il faut reconnaitre qu'il a bien irrigué le cinéma en inspirant les meilleurs (Manckiewicz, Brooks, Newman himself, Kazan tout de même...). Mais là, le film est autant alourdi par la peinture à gros traits des personnages et par ses flash-backs protubérants que par les compositions over the limit des pourtant meilleurs acteurs du casting, Page et Newman, visiblement partis là-dedans sans système de freinage.

C'est que l'équation Tennessee Williams + Actor's Studio n'engendre jamais une quelconque légèreté. Aussi celui qui s'en tire le mieux, dans ce psychodrame à la sauce sudiste, c'est cette bonne vieille trogne d'Ed Begley, redoutable en vieille ordure affable et souriante.


"Il les aime toutes... mais mortes !". Ainsi nous racolait en 1973 l'affiche de THE KILLING KIND de Curtis Harrington, avec un John Savage dont c'était une des toutes premières apparitions. L'accroche est quelque peu mensongère parce que s'il y en a une qu'il ne tuera jamais, c'est sa maman (Ann Sothern), bonbon rose à teinture blonde portée sur les petits verres dès le début d'après-midi.

Vendu comme un ersatz de Norman Bates, le personnage de Terry est beaucoup plus attachant et beaucoup moins machiavélique. Petit gamin toujours perturbé (par sa maman envahissante, par un viol auquel il a peut être participé, qui n'en était peut-être pas un) auquel Savage prête avec une certaine grâce ses maigres épaules et son drôle de visage d'enfant effrayé, Terry va se comporter comme un très vilain garçon.

Drôle de film et sacrée ambiance, sur lequel plane un constant sentiment d'inceste, et qui se garde bien de donner des pistes psy très solide au comportement de son héros. Il est perturbé, c'est tout. La présence des femmes qui l'attirent, ça le... voilà.

A noter que Curtis Harrington reste un cinéaste intéressant, dont le critique Frédéric Thibault parle très bien dans les suppléments du dvd Artus sur lequel je suis tombé par hasard. Harrington a eu une carrière des plus chaotiques, et des plus malchanceuses, mais il est un peu devenu culte. C'est lui qui avait employé le jeune Dennis Hopper pour la première fois dans le surprenant NIGHT TIDE (MAREE NOCTURNE) en 1961.

L'histoire d'un marin en permission qui tombait amoureux d'une sirène dans un manège de fête foraine.

 Ah je vous jure...


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