Qui pour se rappeler aujourd'hui des films du Hongrois Miklos Jancso ? Pas grand monde sûrement, lui qui était pourtant avec sa compatriote Marta Meszaros le fer de lance et la star des festivals européens dans les années 60 jusqu'aux années 80. Si je me souviens de manière un peu vague des SANS-ESPOIRS et de ROUGES ET BLANCS ainsi que de leurs superbes noir et blanc, je dois bien avouer n'avoir pas vu grand chose de lui à part ça.
Sur Arte-tv, ils nous ont dégoté SILENCE ET CRI (1968), opus de sa grande période, un métrage au rythme très particulier et à l'ambiance étouffante, perclus dans un village où soldats en uniformes et fonctionnaires taciturnes dotés de brassards serrent la vis à la population: on y fusille des paysans dans le dos, on abuse des femmes quand on le désire, on humilie les vieux, on prend des poses et des photos face à des cadavres dans le fossé.
Le héros du film, Istvan, est revenu dans son village, lui qui a fait partie d'une armée d'insurgés qui a été démantelée Il a fallu que j'aille me renseigner pour comprendre quand cette après-guerre se déroulait au juste: en 1918 après que l'armée régulière ait maté les insurgés bolchéviques. Mais c'est sans importance, tant le discours semble ailleurs; la passivité apparente des villageois martyrs face au sadisme tranquille de leurs bourreaux offrent une sorte de ballet funèbre, une caricature de schéma oppressif propre à toutes les guerres sales.
Très beau film, sec comme un coup de trique (il fait 1h15), magnifié par le travail du grand chef opérateur Janos Kende, qui travailla beaucoup avec Jancso.
Voilà pour la page culturelle, passons au rayon boucherie-charcuterie, si vous le voulez bien.
La franchise TERRIFIER avec son clown boogey-man dégueu pouark-pouark Art Le Clown a en fait débuté dès 2013 avec ALL HALLOW'S EVE, film à sketch gaulé un peu sur un mode Creepshow où commence à apparaitre notre équarisseur souriant et silencieux. Partant d'une mystérieuse K7 VHS balancée dans un sac de bonbons le soir d'Halloween, deux gamins se retrouvent avec leur nounou à regarder un film chelou qui, après nous avoir servi trois histoires gore classiques et pas très propres, investit la maison de nos petites têtes blondes au sens propre, faisant sortir le clown noir et blanc du petit écran vers le grand.
Les deux premiers TERRIFIER, gros hits du genre (en 2016 et 2022) ont prolongé la chose en adoptant ce qui réussit si bien à ce petit malin de Ty West: ingérer tout crû les tics de mise-en-scène et le grain d'images de nos soirées films d'horreur des années 80, en y injectant une surenchère d'effets qui éclaboussent, jusqu'au point de rupture.
Mike Myers, Jason, Freddy et le Ghosface de SCREAM font un peu petit bras face à Art Le Clown. Le premier opus mettait déjà la gomme mais depuis, ça n'arrête plus.
TERRIFIER 3 date d'il y a deux ans et Damien Leone tente d'en rajouter encore là où ça débordait déjà: il y retrouve son antagoniste préféré du volet précédent pour lui faire sa fête, à elle et à sa famille, se fait accompagner par sa première victime (du premier volet), gargouille défigurée devenue folle. Le film a beau s'offrir quelques ellipses histoire de nous dispenser de quelques carnages (question de budget ou de durée ?), on a droit à un meurtre atroce à l'aide de rats dans la gorge, d'un massacre à la tronçonneuse post-coïtum sous la douche, de petits enfants démembrés, au pire de ce que vous pourrez vous imaginer.
Tout ça pour ?... L'effet de sidération des deux premiers opus s'est pas mal envolé. Reste le jeu de massacre qui saura faire marrer ceusses qui, comme moi, apprécient ce genre de défoulade. Damien Leone, qui semble adorer ça, ferait bien de passer à autre chose maintenant. mais son appétit de sale garnement pour les mauvaises blagues me le rend sympathique. Au four et au moulin (production, écriture, réalisation, décoration, montage, maquillage), il a l'air de bien s'éclater.
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