dimanche 29 mars 2026

CE QU'IL RESTE DE NOUS, d'autres morts que les tiennes.


 Cela pendait au nez du grand mélo historique depuis un moment et ça y est, enfin, le cinéma à grand spectacle s'est accaparé le grand narratif du peuple palestinien, depuis la nakba de 1948 jusqu'à notre sinistre aujourd'hui. Nous aurons versé des larmes devant La liste de Schindler, Le fils de Saul, la série Holocauste et d'innombrables fictions pour nous faire ressentir l'horreur de la shoah mais il nous manquait un film qui nous accroche de la même manière pour nous parler de ça.

L'histoire a beaucoup documenté et documente toujours, au fil des drames humains et du comptage des victimes, ce qu' Israël et ses sponsors occidentaux font subir aux Palestiniens depuis leur installation sur leur sol. En plus des 700000 exilés de force de la fin des années 40, il s'agit de dénombrer le nombre de morts, de prisonniers, d'humiliés, de bombardés, une litanie qui ne s'arrête plus et qui, de nos tristes jours, se retrouve propulsée à une vitesse folle par la sauvagerie des porcs du Hamas d'un côté et la violence aveugle des porcs de l'extrème-droite israëlienne de l'autre.


Dans La liste de Schindler, ce grand spectacle lacrymal tant honni par Jacques Lanzmann et bien d'autres, il y avait tout de même cette attention portée à la force des chiffres qui était la véritable obsession d'Oskar Schindler et semblait être aussi celle de Spielberg: sauver le plus de Juifs possible, gonfler un peu plus la liste des ouvriers qui seront ainsi sauvés des fours, s'avouer vaincu enfin en regrettant de ne pas les avoir sauvé tous.

Israël depuis toujours applique une politique militaire et policière qui n'est rien d'autre qu'une loi du talion à la puissance 10: pour chacun de mes morts, je t'en prendrai 10. Depuis le 7 octobre 2023, ce n'est plus "oeil pour oeil" mais plutôt "un oeil pour 10000" et s'il y a en a toujours pour nier ces chiffres en faisant fondre les vrais coupables dans la masse, s'ils ont pignon sur rue ceux qui affirment qu'il n'y a pas d'innocents à Gaza comme il n'y a jamais eu de camps de concentration pour d'autres, c'est qu'Israël pratique à son tour une politique de broyage, de déshumanisation et d'effacement que chaque bribe d'information infirme pourtant chaque jour un peu plus.


Ce qu'il reste de nous
raconte avec précision que cette politique a été employée par Isräel dès le début. Les soldats de Tsahal y sont montrés dès l'occupation de Jaffa où vit la famille de Sharif comme les clones de ceux qui humilieront, dans une des scènes les plus fortes du film, son fils Salim devant son propre enfant. Comme ils seront ceux qui abattront le jeune Malek lors d'une manifestation 10 ans plus tard.

L'histoire a beau tenir une comptabilité morbide des victimes d'un côté comme de l'autre, la balance penche tellement qu'on se demande quand même pourquoi cela dure, selon un système qui n'a pas bougé d'un pouce depuis la naissance d'Israël.

Il y a dans le film de Cherien Dabis, en plus de cette relation fidèle de l'histoire du peuple palestinien, une séquence-clé qui trouve un "presque" écho aux préoccupations de Schindler et de son comptable (justement !) incarné par Ben Kingsley: combien peut-on sauver de Juifs ? Lorsque Salim et sa femme Hanan apprennent la mort cérébrale de leur fils et acceptent qu'on lui prélève les organes, Salim se livre à un calcul qui semble lui faire perdre la raison: si le corps de Salim est destiné à sauver la vie de 5, de 6 êtres humains et que cela sauve un futur soldat de Tsahal qui tuera 5, 10, 15 Palestiniens, à quoi aura donc servi ce sacrifice ?


Bonne petite claque aux très mauvaises odeurs qui ont la vie dure à propos du culte musulman, c'est un responsable religieux qui saura trouver les mots pour aider Salim à trouver sa "voie d'humanité" qu'il était en train de perdre dans sa douleur.


Le film déploie la force tranquille d'un style très académique qui s'offre une seule coquetterie de construction un peu inutile (cela débute avec une manifestation en Cisjordanie qui s'achève sous les balles avant de partir en flash-back en 1948) mais sait maintenir la note tout au long de ses 2h30. 

A noter aussi les interprétations poignantes de Cherien Dabis elle-même (derrière et devant la caméra donc) dans le rôle d'Hanan et des Bakri père et fils, réunis ici pour la dernière fois. Très beau film.

jeudi 19 mars 2026

ORPHELIN et MARTY SUPREME, nos étoiles de David égarées


Orphelin
se déroule en 1956, juste après le soulèvement hongrois étrillé par les Russes, dans une ambiance de serrage de vis définitif. Les autorités terminent de nettoyer le pays de ses fortes têtes, l'Armée et la police se permettent tous les vices, nous sommes au coeur de la dictature bolchévique avec ses arrestations sommaires et ses braves citoyens élevés au digne rang de mouchards. 

C'est la seconde piqûre de rappel en quelques mois, après le terrible Deux procureurs de l'ukrainien Loznitsa de que pouvaient être le cours d'une vie dans un pays d'Europe de l'Est dans ces années-là. Laszlo Nemes, jeune réalisateur hongrois qui avait marqué les consciences il y a de cela 10 ans avec son duraille Fils de Saul revient sur ce qui semble être un grand sujet récurrent de son cinéma: la judéité.


Andor est un jeune garçon qui retrouve sa mère au sortir de la guerre. Il avait été placé dans un orphelinat tout bébé, sa mère s'était cachée, son père a disparu. Le film pourrait nous raconter une sorte de retour à la normale, n'était un climat politique irrespirable, - montré ici en creux avec le personnage de ce jeune insurgé qui croupit dans une cave en attendant un chimérique départ vers l'Ouest.

Dans les silences et les zones d'ombre, l'absence d'un père qui, le film nous le fait comprendre assez vite, a sans nul doute péri dans un camp. Afin d'échapper aux rafles, la mère d'Anton a été cachée des années chez un type qui ressurgit dans leur vie, veut l'épouser, veut devenir un père pour Anton, veut faire disparaitre le nom de Hirsch pour le sien, Berend.

Sous couvert d'une dramaturgie et d'une narration d'un beau classicisme, Nemes raconte l'histoire d'une marche forcée vers l'assimilation des survivants dans le bon peuple hongrois, par la poigne. La Hongrie qui, rappelons-le, avait apporté à l'occupant nazi une collaboration zélée à son entreprise de carnage. Dans le rôle de Mihaly Berend, gros type rougeaud possessif et violent, agressif et vulgaire (il est boucher), notre Gregory Gadebois national est grandiose: à cette masse de viande toujours prête à frapper et à gueuler, il oppose la douceur d'un regard toujours en quête d'apaisement, et qui n'y parvient que rarement.


Le film a pour lui sa reconstitution soignée et qui n'épargne rien des basses compromissions de ses concitoyens, ces braves gens qui après s'être arrangés avec l'Allemand, se font plutôt bien au Nouvel Ordre. Les personnages du patron d'épicerie, dont on comprend qu'il a récupéré l'activité qui appartenait à un Juif, dont il emploie aujourd'hui la veuve, ou encore de cette concierge qui rêve à voix haute d'épouser un "type comme Berend", un vrai Hongrois. 

Peut-être que le cinéaste a quelque chose a dire de piquant sur son pays, d'hier et d'aujourd'hui, mais au final Orphelin a beau s'arrêter sur un constat fataliste, assez peu glorieux et quelque peu déprimant, il ne trouve rien d'autre à montrer que cette immense Croix de David aux néons pour nous consoler de cette assimilation brutale.

Pourquoi ai-je trouvé alors que cette représentation subite, qui "force" un peu le film à résister à l'effacement d'un peuple; était aussi lourde et maladroite ? Peut-être parce que nous sommes en 2026 et que cette croix s'est chargée depuis de beaucoup d'autres choses, peu à sa gloire. La force d'un symbole qui, 80 ans après la fin de la guerre et la libération des camps, n'est plus seulement que la médaille que les victimes d'autrefois escamotaient derrière leurs cols de chemise, parce que dangereuse à monter, mais celle des bourreaux d'aujourd'hui.

Merci encore à Netanhyaou et à sa clique de bouchers d'extrème-droite de nous avoir embrouillé le regard, et cassé nos si jolies boussoles morales.

Orphelin reste malgré tout un très beau film.



Oser le mash-up Orphelin/Marty Supreme, ça se tente...


Mais pourquoi ? D'abord à cause de la présence du comédien Géza Röhrig, qui était le membre des Sonderkommando Saul dans le film de Nemes et qui ici est l'ancien champion du monde de tennis de table Bela Kletzki, survivant des camps et prochain adversaire de Marty qui lâche ça devant des journalistes éberlués: "Je vais finir le travail des nazis avec ce Kletzki, je vais le détruire, l'annihiler". Avant de détendre l' atmosphère, si j' ose dire, en rajoutant un "oh ça va, j'ai le droit de le dire, moi aussi je suis juif". 

Et chacun de s'esclaffer.

Inspiré d'un huluberlu ayant vraiment existé, ce Marty Mauser fut un jeune excité perdu dans la masse des prolos de Brooklyn qui, dans les années 50 (encore !), rêvait de lâcher son boulot de vendeur de chaussures pour exaucer son rêve de devenir champion du monde de ping-pong.

Si on en croit le film de Josh Safdie, Marty était vraiment très très bon mais, dans un pays où cette discipline sportive, à l'époque) est aussi prise au sérieux que le flipper, il partait de trop loin. Si on en croit le film encore, qui ne déroge pas à cette règle tacite du cinéma américain que même dans la défaite, c'est l'Américain qui gagne à la fin, Mauser aurait même battu le champion du monde d'alors dans un match d'exhibition au Japon.

Au régime du speed, le cinéaste a été trouver le Chalamet pour composer cette torpille tout en nerfs et c'est peu dire que l'acteur envoie du jeu: il est assez stupéfiant. 

Le film pâtit de ses enjeux peu sérieux, et de son personnage principal qu'on aura vite taxé de satané petit connard au vue des multiples et infimes vilénies auquel il se livre pour accéder à son rêve. Voleur, menteur, escroc, mauvais joueur, infidèle, manipulateur mais tout ça en mode "petits pieds", on suit donc des aventures, filmées à cent à l'heure, avec beaucoup d'amusement mais assez peu d'empathie pour lui.


Le film a été comparé à du Scorsese, et même s'il y a un peu d'After hours dans sa rythmique exaltée, quitte à filer vers le grand vide, le film a quand même vite fait de glisser vers des séquences totalement absurdes (le chien égaré d'Abel Ferrara et le canardage qui s'ensuit), plus bande-dessinée que scorsesiennes. A moins qu'on considère le personnage de Marty comme le cousin "sportif" du Rupert Pumpkin de La valse des pantins: un connard à gros boulard autocentré si persuadé de son génie et de sa bonne étoile qu'il finit par se comporter en forcené.

Quoi qu'il en soit, le film dépote et parvient même à filmer de manière brillante un match de ping-pong, une des disciplines les moins cinégéniques du monde, pas un mince exploit.


Mais il faut surtout voir Marty Supreme comme un film de survie. Si Mauser finit dans un triste état après s'être frotté au réalisme économique et avoir heurté son propre plafond de verre social, avoir été humilié au propre comme au figuré après avoir essayé d'entuber plus forts que lui, il aura quand même trouvé quelque chose: une âme soeur en la personne de Rachel (magnifique Odessa A'Zion), sa "bonne copine" de toujours qui lui ressemble en tout, pour le meilleur comme pour le pire. 

C'était bien la peine de faire le tour du monde en sprintant comme un dératé pour retrouver son point de départ. Marty Supreme est un film non dénué d'une très méchante ironie.

C'est un film de survie, de tentative de survie plutôt. Mais l' histoire du survivant Kletzki qui, à Auschwitz, alors qu'on l'avait laissé seul au milieu de la forêt, tomba sur une ruche d'abeilles sauvages, aura ramené de son martyr une histoire à la fois extravagante et merveilleuse, autrement plus forte que celle que Marty voudrait s'inventer. 


Si les nazis n'ont pas "fini le boulot" avec Kletzki, c'est Kletzki qui clôt le débat, "plie le match" pourrait-on dire, et donne son point d'équilibre au film tout entier.

En plus de son plan final qui rapatrie tout le monde à la maison, cette séquence hallucinante a le mérite de ramener le film et son insupportable héros à la réalité, sans baratin ni esbrouffe. 

Enfin.

Pour le reste, le film est aussi nerveux, athlétique, brillant, véloce, agile, décomplexé et bluffant que son mirifique interprète. Bravo les gars.




mercredi 4 mars 2026

AUCUN AUTRE CHOIX, faire le vide.

 


J'adore le cinéma de Park Chan Wook depuis toujours, même si je comprends fort bien que bon nombre de cinéphiles de confiance, - et j'en connais pas mal - ne supportent pas son sens de l'afféterie alambiquée tout comme son goût immodéré pour l'image qui claque dur. Mais enfin, aucun de ses films ne laisse indifférent et ça, c'est déjà beaucoup.

Aucun autre choix est sans doute  son film que j'aime le moins avec son Stoker américain où il avait du être bridé dans ses impulsions sauvages par quelque producteur frileux, et cela tient sans doute au fait que, seconde adaptation du Couperet de Donald Westlake après celle de Costa-Gavras, on connaissait déjà la chanson.

C'est donc l'histoire d'un cadre supérieur viré "en 25 minutes après 25 ans de boîte" qui se retrouve du jour au lendemain dans la mouise. Dans le viseur: les traites de sa belle maison de campagne, les cours de tennis de sa femme, de violoncelle de sa fille, l'abonnement Netflix de son fils, sa passion pour l'horticulture, la deuxième bagnole, la bouffe pour les chiens. Ecoeuré rien qu'à la perspective de ce brusque déclassement social immérité et honteux, Man-su va avoir l'idée de débusquer les 2 ou 3 types susceptibles de lui damer le pion lors des entretiens d'embauche à venir. Et de les buter.

Il ne faut pas oublier que le bouquin de Westlake était très drôle, pour qui apprécie bien entendu l'humour qui pique un peu. Son roman arrivait à un moment, celui de l'"horreur économique" soudain plus apparente qu'avant, où on stigmatisait enfin le monde merveilleux du travail au temps du libéralisme triomphant, un monde où un employé était avant tout une ligne comptable comme une autre, au même titre que les budgets rames de papier et trombones.


Park Chan Wook a de l'humour aussi, mais un humour... coréen dirons-nous qui ne fait pas dans la dentelle. C'est même parfois assez lourd. Il faut voir comment il décrit le couple formé par sa première victime, un alcoolique désagréable et sa femme, une actrice un peu allumée qui le trompe, pour comprendre que quelque chose ne prend pas dans la petite mécanique parkchanwookienne qui pourtant nous branche tellement d'habitude. Une virtuosité formelle qui tout à coup tourne à vide, pour donner un genre de slapstick pas fameux.

On sait la société sud-coréenne particulièrement violente dans ses rapports de classe, et sans doute que Park a voulu faire ici ce que son comparse Bong Joon Ho avait si bien réussi dans Parasite: une allégorie puissante mais tordue de la violence sociale dans son pays.


Aucun autre choix
se regarde avec plaisir, c'est plein d'inventions et de trouvailles et il n'y a pas deux filmeurs comme Park au monde. Même si l'on sait depuis longtemps que sa brillance de style et ses tours de passe-passe ne sont que poudre aux yeux, c'est la première fois sans doute que tout ce faste ne laisse aucune trace derrière lui.


Le vide est peut-être la grande histoire du film. Man-su fait le vide dans la concurrence de peur qu'on ne le vide de chez lui et qu'on vide sa belle maison, avant de se rendre compte, -ultime image et sans doute la meilleure du film, qui trouve là enfin son point G, in extremis - que la société où il a été enfin embauché avait bien travaillé elle aussi: plus d'ouvriers, juste des robots, de l'intelligence artificielle et lui en maître d'oeuvre solitaire, au milieu des machines.

Un seul job vous manque, et tout est dépeuplé.


lundi 2 mars 2026

PROMIS LE CIEL (en attendant chui sur la terre)

 


Complètement perdu dans la furia des sorties-salle hebdomadaires, Promis le ciel de la cinéaste franco-tunisienne Erige Sehiri aurait mérité mieux que cette indifférence lointaine qui caractérise l'accueil réservé aux films un peu d'ailleurs, sans stars ni plan-média Marty Supreme. C'est dommage car si le genre de cinéma pratiqué ici n'a pas pour but de révolutionner quoi que ce soit, il s'applique en revanche à nous faire ressentir une réalité pas mal documentée par une partie de la presse mais aussi très occultée ailleurs.

Parfois, un film comme L'histoire de Souleymane avec lequel le film de Sehiri a pas mal de points communs (l'école Dardenne...) rencontre, ô miracle, le grand public et les récompenses mais ça n'est pas tout le temps.


Dans son film précédent, le très beau Sous les figues, la cinéaste nous montrait déjà une réalité méconnue de son pays, celle des travailleurs agricoles saisonniers exploités par des propriétaires terriens sur fond de domination patriarcale et masculine d'un autre âge. Ici, nous sommes à Tunis et le film nous parle des pressions insensées exercées par le pouvoir tunisien pour stigmatiser, et renvoyer chez eux, les immigrés d'Afrique subsaharienne, avec ou sans papiers, échoués ici de manière plus ou moins volontaire.


Trois portraits de femme aussi; Marie, pasteur qui tente de rassembler autour d'elle et dans son église de fortune celles et ceux qui veulent s'en sortir, Jolie qui vit de petits trafics pour gagner la somme qui lui permettrait de "prendre le bateau" et faire venir sa fille et Naney, étudiante en situation régulière qui rêve à son émancipation tout en subissant la ségrégation aveugle et la violence policière.

Dans les rôles, Aïssa Maïga, Laetitia Ky et Debora Lobe Naney sont formidables, toujours justes.

En Amérique, les milices trumpiennes chassent les latinos en situation irrégulière, chez nous on stigmatise volontiers les immigrés du Maghreb et d'ailleurs et en Tunisie, sous l'impulsion du sinistre et très populiste président Saïed, on a aussi ses têtes de turc, encouragé par une propagande d'état et médiatique aux petits oignons.


Au coeur de ce gynécée solidaire (ou presque), la petite Kenza, rescapée d'un naufrage comme les autres sur les rives de la Méditerranée, sans famille, sans origine, sans nom. Elle traverse le film en semblant tout comprendre, profiter de chaque situation pour s'amuser, rire, et quand il faut retourner au réel, rattrapée par les institutions, le droit et ses "lois spéciales" et se séparer de cette nouvelle famille de fortune, se retrouver dans l'inconnu encore une fois, la petite s'endort dans les bras de Marie en une superbe séquence de résilience muette très émouvante.

Lorsque Naney se retrouve au poste, raflée au petit bonheur la chance par une police qui ne fait pas dans le détail, la cinéaste nous offre un moment de tension insupportable, parfaite illustration de ce que la violence d'Etat peut faire subir aux plus faibles.

Bref, Promis le ciel aurait mérité un destin à la Souleymane, mais on ne peut pas non plus aller titiller nos bonnes consciences occidentales trop souvent quand même, faut pas exagérer...



On m'a promis le ciel
En attendant chui sur la terre
A ramer
A ramer

Tiens vlà l'orage qui arrive

Le film s'achève sur ce super morceau du groupe créole Delgres et tout est dit.