mardi 16 juin 2026

LE VERTIGE, au fond du trou.


 Que consomme Quentin Dupieux ? Que boit-il, que fume-t-il, que s'injecte-t-il, tout ça en fait, je m'en fous. Par contre je voudrais bien savoir: que lit-il ? Lui qui s'agace, parait-il, lorsqu'on le compare aux grands poètes de l'absurde, sa bibliothèque ne serait-elle pas plutôt farcie d'une moultitude de livres de philo qui lui seraient montés à la tête ? 

Des films comme INCROYABLE MAIS VRAI, REALITE ou L'ACCIDENT DE PIANO me confortent un peu dans cette idée, même si son travail est toujours trop imprégné de culture pop pour en faire un candidat sérieux aux prochains sujets du bac. Pour illustrer son idée que notre monde ne serait que le reflet, le double, l'illusion d'un autre, - idée guère nouvelle mais qu'on a plaisir à retrouver tellement c'est rigolo d'y penser et de faire joujou avec ce genre de concept tordu, Dupieux nous la joue Philip K. Dick: je suis vivant et vous êtes tous morts, - ou l'inverse -, quelqu'un est en train de nous rêver mais alors quand je rêve, le monde que je rêve existe-t-il ? Et vice-versa ? 


De cet imaginaire en surchauffe enrobé de philosophie de comptoir le cinéaste a choisi de la faire courte (à peine 1h10 mais c'est suffisant) et surtout très moche. Personnages aux graphismes sortis d'une génération de jeux video à jamais obsolètes, LE VERTIGE fait avant tout très mal aux yeux tout comme il fera jaillir des larmes de sang à votre âme d'esthète trop sensible.

Soit Alain Chabat qui va voir son pote Jonathan Cohen pour lui annoncer un truc dingue: leur monde est complètement factice et il a d'ailleurs soigneusement consigné des dizaines et des dizaines de preuves qu'eux tous vivent dans un univers de simulation. Vulgaire, la simulation, avec des bugs dignes de ChatGPT version gratos: ma boulangère a huit doigts, une crotte de chien scintille sur le trottoir, un pigeon fait du surplace sous une plaque d'égout et tiens, puisque je te le disais, Anaïs Demoustier accouche debout dans sa cuisine d'un bébé sans cordon ombilical.


Sans le contact direct avec le jeu des comédiens qui font d'habitude tout l'épice de ses comédies cintrées, il reste une suite ininterrompue de dialogues répétitifs assez peu soignés (-Mais t'es con ou quoi ? Tu comprends vraiment pas ce que je te dis ou t'es complètement débile ? Ah ouai c'est ouf ! Putain c'est dingue...) qui, une première en ce qui me concerne pour un film de Dupieux, n'ont fait rire personne dans la salle.

J'aime bien le Dupieux dynamiteur d'une certaine bienséance, sa façon de secouer ses vedettes en leur faisant faire des trucs ineptes et parfois grandioses (Exarchopoulos dans MANDIBULES, Quenard dans YANNICK), son sens du contre-pied incessant.


Mais ici, comble de la paresse ou du foutage de gueule, à chacun d'en juger, il parvient aussi à rendre le film pathétique dans son dernier quart d'heure, au détour d'un twist scénaristique tellement pourri que je ne vous en parlerai même pas, et que je vais tâcher d'enfouir dans les tréfonds de ma mémoire.

J'aime trop le cinéma de ce fou alors je préfère dire: vivement le prochain Dupieux !

lundi 15 juin 2026

UNE ANNEE ITALIENNE, à elle les petits Italiens.

 


Ce sont des choses qui arrivent, le film que j'étais venu voir "n'était pas arrivé". Je déteste me déplacer pour rien, alors j'accepte de tenter UNE ANNEE ITALIENNE de Laura Samani, autre sortie de la semaine. 

Je n'ai pas passé un mauvais moment mais disons le tout net, voilà un film qui aurait supporté un visionnage télé sans problème, tant la proposition cinématographique ici confine au néant. Cela aurait pu faire une gentille mini-série sur n'importe quelle plateforme, on aurait rangé ça entre d'autres bluettes adolescentes avec ces moments cruels, ses moments tellement si doux, tellement si beaux, tellement si sexy, une verveine citronnée, un suppositoire et au lit.

Voici donc l'histoire de Fred qui débarque de Suède dans la ville de Trieste, pour un an, l'année du bac justement. Ce joli brin de fille attise les convoitises des gros lourds du bahut, une bande de beaux gosses sympathiques (le premier de la classe romantique, le grand costaud ombrageux et l'allumé franchement relou) qui l'acceptent dans leur petite société secrète en carton.


Fred n'a pas froid aux yeux et Antero, Pasini et Mitis derrière leurs allures de durs à cuire et d'affranchis du cul ont le palpitant qui chavirent devant cette nana qui leur apprend des grossièretés en suédois et ne se dégonfle pas dans les vestiaires du gymnase quand on lui fait des mauvaises blagues. Soirées pyjama, frottis-frottas, parties d'action/vérité, joints qui tournent et tout ça. C'était quand même chouette, les années lycée.

Quand les lumières se rallument, nos quatre grands ados seront passés par toutes les couleurs des jeux de l'amour et du hasard, effleurant le drame sans susciter beaucoup d'émois, affleurant sans trop y croire le versant d'une hypothétique confrontation Nord/Sud qui flirte avec le gros cliché.

La petite Suédoise libérée polyglotte versus les petits mâles transalpins un peu grossiers sur les bords et en mal d'amour, on n'y croit pas vraiment, tout comme les raisons de la présence de Fred à Trieste sont un peu lourdes de sens (son père est en charge pour quelques mois de "dégraisser" une grosse entreprise locale).



Laura Samani situe son film au coeur des années 2000, ses années lycée à elle. On sent bien que cette remémoration lui fait plaisir mais, faute d'originalité et de véritable enjeu dramatique, sa bluette pour teen-agers est finalement assez tarte.

Les petits jeunes sont tous très bien, avec mention très bien pour Stella Wendick, qui peut filer en fac sans problème.


lundi 8 juin 2026

L'ETRE AIME & AUTOFICTION, Rodrigo Sorogoyen & Pedro Almodovar en leurs miroirs.


 On a beaucoup dit que le dernier film de Rodrigo Sorogoyen reprenait un peu la thématique du film de Joachim Trier, VALEURS SENTIMENTALES, présenté à Cannes l'an dernier. D'accord, mais outre que je préfère de loin le film de l'Espagnol à celui du Norvégien qui m'avait passablement emmerdé, il ne faut pas s'émouvoir non plus de voir un cinéaste se pencher sur son propre métier et de réaliser un film dans le film. D'autres en ont fait autant: Wenders, Godard, Truffaut, Eastwood, Fellini, Erice, j'en passe et des bien pires, comme des meilleurs.

Le sujet n'est peut-être pas celui-ci dans L'ETRE AIME. Le film nous parlerait plutôt de masculinité toxique et de cette génération de patriarches boomers qui ont du mal à changer leurs manières d'être et de faire, pour finir de se prendre en pleine poire les jugements dépréciateurs des nouvelles générations. Esteban Martinez est une cinéaste reconnu, bardé de récompenses qui se décide à employer sa fille dans son nouveau film. Emilia ne sait pas trop comment prendre cette invitation, elle qui galère dans sa carrière de jeune actrice et n'a pas vu son père depuis qu'elle était gamine.

Dans ses souvenirs, Esteban était ce père colérique, parfois sous substance, qui a beaucoup fait souffrir sa mère. On apprendra plus tard lors du tournage qu'Esteban a une réputation de réalisateur parfois violent, à qui il est arrivé de casser des gueules sur les plateaux.


L'ETRE AIME démarre fort, sur une scène de face à face au restaurant entre père et fille qui se retrouvent. Là, on peut voir combien l'expérience LOS ANOS NUEVOS, sa mini-série sur une relation amoureuse au long cours, a infusé dans le style du cinéaste qui sait "rester à table" à attendre que quelque chose se déclenche entre les personnages. Très vite le dialogue s'envenime, Esteban se dévoile tel qu'en lui-même, irascible et de mauvaise foi, tandis qu'Emilia redevient la petite fille tremblante qu'elle était.

Le dernier film de Sorogoyen atteint son but par deux fois, de manière spectaculaire, dans cette première superbe séquence et dans celle, instantanément devenue culte, du tournage du repas dans la cour de la caserne, où Esteban s'acharne sur ses comédiens avant de proférer des menaces physiques et de s'en prendre à sa fille.


Inutile de dire que dans cette partition-là comme dans d'autres (la douceur, le remords, le doute), Javier Bardem est impressionnant, faisant de sa grande carcasse de taureau silencieux une menace permanente avec laquelle il ne faut pas trop faire joujou.


Sorogoyen est un cinéaste de la violence (sauf dans LOS ANOS NUEVOS qui offre dans sa filmographie un appel d'air salutaire), qui sait la filmer et parvient surtout à en montrer les prémices dans les hésitations et les murmures de ceux qui pourraient en pâtir. Ainsi, jamais personne ne vient contrarier le grand artiste dans ses moments de calme apparent pour lui demander des comptes (la scène du début a d'ailleurs dévoilé que cela ne servait à rien: le bonhomme alors se ferme et se crispe), et jamais Esteban ne s'excusera vraiment de ses accès de rage. 

Et ce n'est pas la maigre larme qui lui coulera le long de la joue quand il visionnera les rushes où apparait sa fille qui nous fera changer d'avis sur le sujet.

Comme tous ses films, celui-ci se regarde avec plaisir mais quelques afféteries formelles, comme ces passages subits au noir-et-blanc, trahissent un peu ses prétentions. Il n'avait pas besoin de ça, vraiment pas.




A Cannes toujours cette année, avec Victoria Luengo encore, cette fois dans le rôle de la meilleure amie bousculée de la personnage (gigogne) principale incarnée par Barbara Lennie, le dernier opus de Pedro Almodovar se pose autrement là.

Le film a été reçu d'une manière un peu boudeuse, voire gênée par le public et la critique sur le thème "le vieux radote ", mais ce serait vraiment faire fi de la sophistication très singulière d'AUTOFICTION.

Certes, le Almodovar qu'on connait bien est entièrement là: les pianottis évanescents d'Alberto Iglesias, son style art-déco intérieure à la Mondrian, couleurs vives et étagères bardées de livres et des personnages qui se démènent entre vie amoureuse, affres de la création, pépins physiques, mort qui rôde et sa fameuse fibre mélo à la Douglas Sirk qui fait toujours verser son cinéma vers l'irréel.


Elsa est une réalisatrice en panne d'inspiration qui file le parfait amour avec son stripteaseur de pompier (dans les films d'Almodovar, les fantasmes sont aussi là pour qu'on s'en serve !). Prise de crises d'angoisses et de migraines terribles, elle décide de se lancer dans l'écriture d'un troisième film, file aux Canaries avec sa meilleure amie avec qui elle se fâche, puis avec une autre qui ne va pas bien du tout après la mort de son jeune fils.

Raul est un cinéaste reconnu qui écrit une nouvelle histoire sans trop savoir où cela va le mener: celle d'Elsa, cinéaste en panne d'inspiration qui file le parfait amour avec son stripteaseur etc... Raul vit avec un beau gosse plus jeune que lui, la meilleure amie de son impresario a tenté de mettre fin à ses jours après la mort de son fils unique...


Pedro raconte comment Raul écrit son nouveau scénario sur une cinéaste qui lui ressemble, et il faut admirer tout d'abord la fluidité des procédés employés ici pour faire glisser le film d'un niveau à l'autre. C'est Raul qui tape sur son clavier, des lettres qui s'inscrivent sur la pellicule et donnent les premières respirations de ce qu'Elsa va vivre, dans son univers de fiction.

Almodovar a déjà réalisé son autoportrait avec DOULEUR ET GLOIRE, ici c'est autre chose, il nous parle des affres de la création, et de comment sa vie et celles des autres infusent dans ses idées. Le film d'ailleurs ne s'achève pas, selon le principe sous-jacent que son travail de créateur continuera tant qu'il vivra. Work in progress... Le cinéaste effleure surtout des contrées peu explorées dans les oeuvres sur la création: celles de l'écrivain comme vampire de la vie des autres, piquant ça et là ce qui l'arrange pour irriguer son oeuvre.


C'est l'insistance de Santi, le compagnon de Raul, a vouloir lire toutes les ébauches de ce nouveau film, redoutant (espérant ?) s'y reconnaitre quelque part, ou la rage de Monica qui a vu le drame vécu par son amie repris tel quel, selon elle.

L'espèce de volte-face final, quand Raul comprend ce que cela révèle de ses proches, encore plus que ce que cela révèle sur lui, est à porter au rang des plus beaux vertiges provoqués par le cinéaste.

Cela m'a fait penser à un de mes livres-culte, le génial ADIOS SHEREHAZADE de Donald Westlake, dans lequel un écrivain de romans pornos décidait soudain d'écrire un livre qui lui tient à coeur, déclenchant l'hystérie et la colère dans sa famille et chez ses amis, qui pensent reconnaitre ici et là des détails obscènes de leurs propres vies.

Evidemment que cet Almodovar-là tape moins immédiatement dans l'oeil, mais sa sophistication cachée est la marque d'un cinéaste en pleine possession de son art, et qui n'a pas fini de s'amuser avec.



vendredi 5 juin 2026

COSMOS ou la douceur des autres.

 


Drôle de pédigrée pour ce très beau film, tourné il y a deux ans et qui ne nous arrive que maintenant... COSMOS est le film d'un réalisateur franco-suisse plus connu pour son travail de photographe (en noir et blanc) dont l'action se situe dans la région du Yucatan au Mexique, avec pour actrice principale l'espagnole Angela Molina.

Malgré son titre intimidant, le film de Germinal Roaux n'est en rien le genre de rêverie éthérée qui personnellement me rebute, encore moins une adaptation du roman flambé de Gombrowicz, mais le nom d'une fleur du Japon. Au contraire, malgré son style très léché et sa durée (2h20), COSMOS désarme par la simplicité de son propos, qui pourrait tenir en une page. 

Dans ce coin très rural du pays, une vieille femme vient de s'installer dans une villa somptueuse. Malade et veuve depuis des années, elle a quitté Mexico et son travail dans l'édition pour finir ses jours là en compagnie d'une servante et de son chien, Bruno. Pas loin de là vit Leon (étonnant Andres Catzin), un paysan analphabète dont la maison en terre va bientôt être détruite pour laisser place à une route. Un jour, Lena perd son chien lors d'une ballade, Leon le lui ramène, elle l'héberge lorsqu'elle apprend qu'il n'a plus de toit, et il va prendre soin d'elle.


Germinal Roaux co-signe la photographie magnifique de son film, des images qui attrapent aussi bien la fraicheur des intérieurs que la violence d'une nuit de tempête. Il n'est pas si courant de voir un film prendre son temps avec tant de douceur, filmant avec soin le voyage de Leon parti voir son frère afin de se réconcilier avec lui (on pense alors, de manière curieuse, au périple tractorisé de Richard Fansworth dans UNE HISTOIRE VRAIE, cet autre film qui ne se presse pas non plus) comme lorsqu'il donne à manger à ses poules, qu'elle range sa bibliothèque ou choisit un disque à poser sur sa platine.


Une ou deux fois seulement, COSMOS semble effleurer une certaine tension sociale entre cette bourgeoise et cet homme qui ne possède plus rien: c'est lorsque Lena, dans une réaction un peu hors sol lui demande pourquoi il n'a pas contacté une avocat pour défendre ses droits, on encore lorsqu'elle explique à un ami de passage que Leon est là "pour s'occuper de son jardin" comme pour justifier la présence de ce péon en guenille attablé dans sa salle à manger.

Au final, cet échange de bons procédés entre la riche et le pauvre, qui se fait sans calcul ni marchandage d'aucune sorte, aboutit à une des plus belles histoires d'amitié profonde (d'amour ?), d'une chaleur et d'une douceur impropre à sa confronter au cynisme et au mercantilisme de notre époque. Ce film dédié tout entier aux bénéfices de la douceur, du partage et de la gentillesse, fait en réalité un bien fou.


A noter que par deux fois retentit la chanson de Violeta Parra, VOLVER A LOS 17 et lorsque ces deux-là dansent dessus, elle avec une légèreté retrouvée de jeune fille, lui avec une grâce insoupçonnée avec ses énormes paluches de paysan, je défie quiconque de ne pas en avoir des frissons.

Quel beau film !   


mercredi 3 juin 2026

COCOTTE, run Cocotte, run !

 


Nous avons donc eu Jerzy Skolimovski et son magnifique EO. A suivi Andrea Arnold et son très émouvant COW. Oui, quand il y en a marre de nous, engeance d'humains, il y a matière à faire, à dire et à filmer dans la gente animale. Après le saucisson d'âne et le bon lait de vache, aujourd'hui c'est nuggets avec l'incontestable héroïne cinématographique de ce printemps: COCOTTE, ou la folle odyssée hérissée de la crête d'une poule un peu noirchonne au milieu de toutes ces poules toutes blanches qui s'échappe du camion, saute par-dessus les caisses, file devant le renard, cavale d'effroi après avoir fait face à une buse, se retrouve dans la gueule d'un molosse, découvre l'amour dans un poulailler occupé par d'autres poules toutes moches, apprend à faire la ponte buissonnière bref: Cocotte c'est la Lara Croft de la volaille.

Le film est signé par ce fou de Gyorgy Palfi, un Hongrois qui a déjà commis quelques coups fumeux dont l'incroyable TAXIDERMIE, - le seul que j'ai vu de lui - qui m'avait retourné la rétine et le reste en me faisant osciller entre haut-le-coeur et fou rire, expérience suffisamment rare pour être évoquée. 

Il est à peu près sûr que notre Hongrois a vu le Skolimovski et s'en est inspiré, jusqu'à l'évocation en second plan, mais suffisamment importante pour avoir de sévères incidences sur le destin de Cocotte, d'une population humaine très occupée par ses petites magouilles peu glorieuses. L'âne Eo croisait une horde de supporters de foot abrutis, des éleveurs tortionnaires, un routier assassin et des aristocrates cinglés, ici la pépette se retrouve dans une basse-cour humaine peuplée de petits trafiquants aux faits d'armes peu glorieux: ils font aussi dans le transport de migrants dans des conditions ignobles.


Mais Cocotte, qui en a là-dedans, tout ce qu'elle veut c'est qu'on arrête de lui piquer ses oeufs, un point c'est marre.

Moins docile qu'un bourricot, plus mobile que la vache qu'on traie, Cocotte est filmée sous toutes les coutures et c'est fou comme cela peut être à la fois drôle, ridicule, altier et bravache comme bestiole. Palfi a du s'aider à foison du numérique pour placer sa starlette bien dans le cadre et il a bien eu raison: l'illusion est parfaite et COCOTTE serait même le film absolument idéal à montrer pour faire marrer ses gosses, si ce n'est les quelques accès de violence et d'injustice qui laissent un goût assez dégueulasse au fond de la gorge. 


Mais là encore, ce n'est pas de la faute du renard, ni de la buse, ni de ces connes de poules moches et jalouses mais de nous, pauvre espèce.

Il ne faut pas rater ce bienheureux ofni, qui lorgne autant sur le chef-d'oeuvre équin sus-cité que sur CHICKEN RUN, l'autre grand manifeste pour un poulailler libéré, peuplé de poules libres.