lundi 17 août 2026

Notices en vrac (III) LA TRILOGIE D'OSLO & LES TOURMENTES


 LA TRILOGIE D'OSLO était sortie l'an dernier en plein été, les trois films en même temps et ils n'étaient pas programmés partout, comme on s'en doute. J'avais pu attraper AMOUR au vol, et raté les deux autres. Séances de rattrapage le cul dans mon fauteuil cette fois, histoire de compléter l'affaire avec DESIR et REVES. Les trois films n'ont d'autre point commun que de s'attarder, - on dirait presque par hasard - sur des personnages anonymes piochés dans la population d'Oslo en été. Une ville qui a l'air si douce, si calme, où les gens semblent heureux et beaucoup mieux éduqués que par chez nous...


DESIR commence sur une note dissonante dont on ne sait si elle fera chavirer la suite du récit vers le vaudeville ou le drame: Feier, père de famille heureux en ménage, avoue à sa femme et à son meilleur ami qu'il a couché avec un homme, au hasard d'une rencontre sur son lieu de travail. Un truc ni réfléchi, ni calculé, mais aussi spontané que sans avenir. Une expérience qui le laisse ni sonné, ni inquiet; juste dubitatif mais loin, très loin de le faire douter sur sa sexualité et tout le reste.

Le fait de raconter immédiatement cette passade imprévue va le délester immédiatement d'un poids dont les autres vont alors se charger. Feier lui-même va commencer à douter, non pas de lui-même mais de ce que cet aveu spontané avait de judicieux.

Et puis, et puis... comme dans AMOUR où les liens amoureux se faisaient et défaisaient sans qu'on ne convoque les lacrymales, la vie continue.


Dans REVES, sans doute le plus subtil des trois films et en tout cas celui qui m'a le plus parlé, une jeune fille tombe follement amoureuse d'une de ses profs de lycée. De quelques soirées passées chez elle, elle écrit un texte qui est sans doute l'expression d'une rencontre fantasmée, jusque dans ces détails les plus sexuels, qu'elle soumet à sa grand-mère, elle-même écrivaine.

Sur la sexualité des jeunes filles et les désirs débridés de l'adolescence, ce film est sans doute ce que j'ai pu voir de plus vrai. Le film joue beaucoup sur une sorte de conflit générationnel entre ses trois femmes "fortes" (car Johanne va devenir une femme forte, elle le porte déjà sur elle), la fille, la mère, la grand-mère. La jeune fille qui revendique une vie rêvéé, la femme qui veut protéger sa fille, une autre qui s'est battue pour obtenir la liberté qui est aujourd'hui la leur (avec à la clé une engueulade délicieuse entre ces deux dernières au sujet de... FLASHDANCE.

Comme dans les deux autres segments, celui-ci s'achève en une gracieuse queue de poisson, une nouvelle rencontre sur le palier (du psy), on descend prendre un café, la vie continue et puis voilà.


Le réalisateur Dag Johan Haugerud se situe entre le Klapisch de CHACUN CHERCHE SON CHAT et le Bergman des huis-clos bavards. Il avance en catimini au milieu de ses personnages, et sa manière de le filmer sans aucune ironie ni aucune envie de dramatiser pour rien fait de cette trilogie tombée du ciel comme une sorte de série idéale, qu'on ne voudrait pas voir finir.

Une autre !

Je sais bien que la Norvège est un des pays les plus riches du monde et qu'ils ont pris le train des avancées sociales avant tout le monde, mais il est flagrant de voir, comme dans les films de Joachim Trier d'ailleurs, combien les Norvégiens sont en avance dans leurs rapports hommes-femmes.


Et puis rien à voir, vraiment rien, avec LES TOURMENTES de Lucas Belvaux, adaptation par lui-même d'un roman qu'il avait lui même écrit.

Drôle d'histoire, pompée sur le canevas de RUNNING MAN un peu, des CHASSES DU COMTE ZAROFF plus sûrement, avec cet ancien légionnaire dans la mouise à qui on propose de servir de gibier pour une riche dame de la Haute, qui adore chasser, en échange d'un bon gros chèque qui mettrait sa famille à l'abri. Mouais.

Sur l'affiche, Niels Schneider et Ramzy Media, sourcils froncés, mâchoires serrées et regards plongés vers le lointain, font comme Mark Wahlberg, Ben Affleck ou The Rock dans d'autres films à la con: ils essaient de nous faire peur en nous faisant croire que leurs soucis sont plus gros que le nôtres et qu'il en va sans doute de la survie de l'Humanité de voir comment tout cela va finir, à la fin.

Par respect pour Lucas Belvaux que j'aime  bien (CAVALE, PAS SON GENRE, RAPT c'était pas mal quand même), je ne dirais pas plus que cela: c'est raté.


On se fiche complètement de ce qui va arriver (tellement les motivations des personnages sont bidons) tant est si bien que le réalisateur-écrivain, qui semble penser la même chose des pauvres hères qu'il a lui-même créés, balance ce gros bébé mal formé avec l'eau du bain, dans un final ni fait ni à faire. J'ai bien compris où il voulait en venir mais: c'est raté.

On a le droit d'être consterné même si, c'est dommage, les deux vedettes sont tout à fait crédibles dans la gamme je-me-la-joue-physique-comme-les-Amerloques. 

Mais ça sert à rien, les gars...


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire