Double programme #metoo today, avec tout d'abord le film de l'espagnole Iciar Bollain sur un procès qui fit grand bruit dans les années 90 et qui fut la première affaire où un homme politique fut reconnu coupable de harcèlement moral et sexuel sur une de ses jeunes assistantes. Gros succès en Espagne, L'AFFAIRE NEVENKA est bien un film tel que je me l'imaginais, sans grande originalité et c'est un peu pour cela que je ne m'étais pas précipité pour le voir en salle.
A l'arrivée, et même si on croit pas un instant que le procès s'est déroulé tel que décrit (en gros, un procureur qui s'acharne tellement sur Nevenka qu'il offre lui même la parfaite illustration de ce qu'est le harcèlement, un peu simple), le film d'Iciar Bollain tient son sujet jusqu'au bout, et je me suis surpris à me prendre quelques suées, quand même. Sorte de Gilles Lellouche de là-bas (même sourire de commande et petits yeux noirs sans expression), Urko Olazabal fait très bien le job: on a vraiment envie qu'il crève dans le premier virage.
Par contre, c'est la première fois sans doute qu'est aussi bien décrit le long processus de destruction mentale inhérent à toute entreprise de harcèlement. Ne laissant rien au hasard, et surtout pas le moindre doute sur les intentions nauséabondes du bonhomme, acharné à faire perdre les pédales à cette jeune femme, le film détaille ce long travail de sape et comment on peut s'en sortir face à un type qui a le bras très long, et une mauvaise foi monumentale en bandoulière.Bien sûr, en Espagne on fait aussi bien que chez nous: après s'être pris une condamnation et un temps d'inéligibilité, monsieur le Maire est remonté en selle des années plus tard. C'est aussi à ça qu'on les reconnait.
VIOLATION, c'est autre chose. Zyeuté par hasard sur une plateforme dédiée au cinéma crado, il nous emmène faire un petit tour dans un chouette chalet auprès d'un lac (c'est beau le Canada, c'est bien vert) et dans la tête de Myriam (Madeleine Sims-Fewer également co-réalisatrice avec Dusty Mancinelli), en pleine crise conjugale et qui se fait sauter dans son demi-sommeil par son beau-frère, près du feu de camp.
L'idée ne lui a pas plus autant que ça et même si elle réalise que le gentil Dylan croyait bien faire et a l'air franchement étonné de sa réaction, on ne va pas en rester là.
VIOLATION fait un peu de chiqué avec ses flash-backs pas toujours judicieux et quelques séquences un peu trop étirées. Pour qui a vu quelques I SPIT ON YOUR GRAVE, on va dire que VIOLATION nous refait le coup de la douce vengeance version moins trash, moins sadique, mais quand même. Si les violeurs de la franchise sus-citée méritaient ce qui leur arrivait, dans un exténuant carnaval de tortures et de violences plus ou moins raffinées, ici c'est l'organisation de Myriam dans son projet qui est saisissant, même si sa réaction demeure quand même.... disproportionnée..
Ne laissant rien au hasard (sacs plastique, ruban adhésif, treuil fixé au plafond, pâte à bois pour tout reboucher, scie à main, cocottes minute, glacière avec robinet d'écoulement, perruque mais quelle organisation !), voyez voir comment Myriam la vénère s'y prend: c'est pas du travail de bonne femme ! Passé ce petit kif sadique qu'on pourra toujours imaginer comme appartenant à l'imagination de son héroïne, reste un film assez curieux, plutôt raté dans son ensemble (un film de 50 minutes aurait suffi) mais porté par le calme refroidissant de la nana.
Maintenant les mecs, laissez vos bijoux de famille dans votre slip, sinon je vous envoie Myriam.
On termine sur une ânerie, une de plus à mettre au palmarès de l'écurie DC Comics avec cet énième rebouturage du héros masqué de Gotham City avec Robert Pattinson dans le rôle. Il a l'air de s'ennuyer, le pauvre, mais bon, la bouffe à la cantine devait être bonne. Matt Reeves aime les grosses cylindrées pleines d'explosion et les grandes orgues qui grondent, et il a mis des vedettes un peu partout (oh! c'est Machin qui fait Truc, oh t'as vu, y a Machine en...) Bon.
Personne ne coule le vaisseau, chacun prend sa part et fait le boulot, mais quel intérêt pour des grands comédiens comme Turturro ou Colin Farrell de jouer dans ce truc ? La bouffe de la cantine, oui je sais.
THE BATMAN a juste pour lui, quand même, de faire simple dans le scénario, donnant des accents de film noir, presque de "remake" de LA MOISSON ROUGE de Hammett puisque le grand méchant du film reste la corruption. Disons qu'après les vilains navets de Snyder avec cette patate de Ben Affleck en justicier masqué, les meringues de Nolan et plein d'autres qu'on souhaiterait n'avoir jamais vu, les BATMAN de Tim Burton malgré le petit coup de vieux qu'ils se sont pris, restent les meilleurs. Et puis toujours personne pour arriver à la botte de Michelle Pfeiffer en Catwoman feulante et tarée, fantasme S.M. à jamais gravé dans ma libido adolescente.
Miaou.
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