vendredi 10 avril 2026

PLUS FORT QUE MOI, la vie de ta mère.

 

Vous avez aimé THE FULL MONTY ? Vous avez aimé LES VIRTUOSES ? Moi aussi remarquez, alors vous allez adorer PLUS FORT QUE MOI qui relate l'histoire émouvante de John Davidson, jeune Ecossais frappé depuis son adolescence par ce qu'on aura par ailleurs du mal à lui diagnostiquer tout de suite: un joli syndrome Gilles de Tourette qui va faire de sa jeunesse, de sa scolarité, de sa vie familiale, d'absolument tout, un véritable enfer.

Ce John Davidson existe bien et dans un rituel propre aux feel-good movies qui dégoulinent de bons sentiments, on le verra donc "en vrai" en marge du générique de fin histoire de nous assurer que ce qui nous a été montré de sa vie n'était pas du pipeau.

Si on connait un peu cette pathologie aux petits oignons, si on en a lu un peu sur le sujet, vu certains documentaires ou même simplement croisé quelques victimes de cette saloperie dans notre quotidien, PLUS FORT QUE MOI ne nous apprendra pas grand chose.

Plus embêtant mais ça, on s'y attendait un peu rien qu'en apercevant le nom du réalisateur qui n'a jamais voulu révolutionné quoi que ce soit dans l'exercice de ses fonctions, bon dieu que c'est plan-plan, bordel de dieu de chierie de merde.

Soyons honnête: on passe quand même un bon moment. Grâce aux comédiens d'abord avec un Robert Aramayo qui a beaucoup donné du sien, et même fait la nique aux superstars lors de la remise des derniers Bafta awards, les Oscars rosbeef. 


Dans le cul !

L'excellente Maxine Peake dans le rôle de la mère de substitution ou le grand Peter Mullan, dont on adore toujours autant la voix rocailleuse que son oeil qui frise, font le job plus que mieux.

Au registre des bons points, disons que la scène de la bagnole avec Davidson et une petite atteinte du même mal, est à se pisser dessus mais justement, on aurait aimé qu'entre un spectateur qui se gondole devant ces logorrhées sans contrôle et un spectateur qui se mouche sans arrêt en essuyant ses larmes, il y ait aussi un spectateur qui se fasse molester un peu, et un sujet qui échappe un tant soit peu à son programme doloriste.

Lorsque Davidson devient le meilleur spécialiste de son mal à force de se documenter sur sa maladie et accède au statut d' intervenant très prisé auprès des enseignants, de la police ou des institutions médicales, il manque un peu de cette tristesse, de cette aigreur qui était celle de Charly dans le merveilleux roman de Daniel Keyes (DES FLEURS POUR ALGERNON) où l'ancien débile profond, rendu suprêmement intelligent grâce à un traitement miraculeux, est le premier à comprendre comment il finira. 


Ici, l'amertume se noie dans les ors du palais de Buckingham avec un hommage de la Reine, acmé d'un film, et surtout d'une histoire qui méritait mieux que cette médaille au chocolat.

En tant que spectateur exigeant et parfois cruel, - je l'avoue -, j'aurais aimé voir cette même histoire racontée autrement que sous un angle Laurent Delahousse (où l'humain il est vachement chouette finalement, écoutons cette chanson de Céline Dion) en prenant par exemple comme fil narratif la fuite de ce père faussement sympa qui déserte le foyer comme le film dès l'apparition des premiers symptômes embarrassant de son gosse, et surtout de cette maman triste comme un jour sans pain, sans soleil et sans espoir, qui a semble avoir baissé les bras avant même que le film ne commence. Madame Davidson reste le personnage le plus passionnant du film, le plus flippant aussi sans doute. J'aurais bien aimé voir un film sur son histoire à elle.




J'aurais aimé un film selon leur point de vue. Cela aurait été moins facile, beaucoup plus compliqué, beaucoup plus dérangeant.

Bande de feignasses. 



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